L'avant-toit, le parapluie de la façade
La toiture dépasse du mur pour une raison simple : protéger la façade de l'eau qui ruisselle. Ce débord peut être soutenu par la charpente, avec des chevrons et un voligeage en bois, ou porté par le mur lui-même, sous forme de génoise ou de corniche maçonnée.
Dans le Grand Montauban, on rencontre surtout trois familles :
- la génoise, corniche faite de deux à quatre rangs de tuiles canal en débords successifs ;
- la corniche en brique, moulurée ou à rangs décalés, sur les maisons de ville et les demeures en brique foraine, matériau qui colore tout le pays montalbanais ;
- le débord en bois, où les chevrons dépassent du mur et portent des voliges, souvent fermés par une planche de rive et parfois par une sous-face.
Les génoises : des tuiles canal portées par le mur
La génoise compte un ou plusieurs rangs de tuiles canal, plus ou moins remplis de mortier, et le nombre de rangs grandit souvent avec la hauteur de la façade. Elle est indissociable de la couverture en tuile canal : supprimer l'une revient souvent à défigurer l'autre.
Son point faible, c'est le mortier. Avec les années, le liant se creuse, les tuiles du rang inférieur se descellent, puis tombent. Une génoise qui se déchausse se repère depuis la rue : vides entre les tuiles, morceaux au pied du mur, végétation installée dans les joints.
Corniches en brique foraine : un savoir-faire local
Beaucoup de façades du secteur couronnent le mur par une corniche de briques plutôt que de tuiles. Au château de Verlhaget, à Lacourt-Saint-Pierre, le crépi laisse ainsi apparente la brique de la corniche et des angles. À Reyniès, le château, gentilhommière en briques foraines apparentes, a ses façades et toitures inscrites aux monuments historiques.
Une corniche en brique se restaure brique par brique : on remplace les éléments éclatés par des briques de même format et de même teinte, et l'on reprend les joints avec un mortier compatible avec le support ancien.
Les débords en bois : chevrons, voliges et rives
Sur un débord en bois, chaque pièce a son rôle. Les chevrons portent la couverture et dépassent du mur ; les voliges ou un lambris forment le dessous visible ; la planche de rive protège l'about des chevrons sur le côté du toit ; la sous-face, quand elle existe, ferme le débord par en dessous. Ce sont des bois exposés : soleil d'été, pluie battante, humidité qui stagne derrière une gouttière mal réglée.
Un about de chevron noirci, une volige qui se creuse au doigt, une planche de rive fendue ou une peinture qui cloque doivent faire vérifier le bois en profondeur. Si une attaque d'insectes est suspectée, consultez notre page charpente.
Les signes d'un avant-toit malade
- des coulures sur le haut de la façade ou un enduit qui se décolle sous le débord ;
- une gouttière qui déborde et renvoie l'eau contre la corniche ;
- des tuiles de génoise fendues, déchaussées ou tombées au sol ;
- du bois spongieux, des chevrons qui fléchissent, une volige qui se creuse au doigt ;
- des nids ou des trous d'oiseaux sous les rangs ou derrière la planche de rive.
Pour les nids, la prudence s'impose : les hirondelles et les martinets sont protégés, et leurs nids ne peuvent être ni détruits ni enlevés, même vides.
Réparer ou reprendre à l'identique
Avant toute intervention, l'état de la toiture au-dessus du débord doit être vérifié. Les recommandations du ministère de la Culture vont dans le même sens : remplacer les tuiles abîmées, en particulier celles de rive, et conserver les rives existantes ou les restituer en cohérence avec les façades voisines.
Selon l'état, notre couvreur propose une réparation localisée, comme recaler quelques tuiles de génoise, remplacer une planche de rive ou quelques voliges, ou une reprise complète du débord sur une façade : dépose soignée, tri des tuiles, reconstruction des rangs au mortier, ou remplacement des bois avec le même profil.
Le lien avec la zinguerie
L'avant-toit et la gouttière fonctionnent ensemble. Une gouttière bouchée ou sans pente renvoie l'eau sur la génoise ou dans les bois du débord, et c'est souvent là que commencent les dégâts. Pour une maison ancienne, le zinc est conseillé, discret une fois patiné et durable 30 à 50 ans, alors que le PVC s'accorde mal avec ces façades. Les réglages et remplacements sont détaillés sur notre page zinguerie et gouttières.
Secteur sauvegardé et déclaration préalable
Refaire une génoise ou un débord à l'identique relève de l'entretien. Le supprimer, changer de matériau ou habiller la sous-face en PVC modifie l'aspect extérieur et peut exiger une déclaration préalable. Dans le centre de Montauban, compris dans le secteur sauvegardé, de tels changements demandent l'accord de l'Architecte des Bâtiments de France. Les démarches sont décrites dans notre conseil sur la toiture en secteur sauvegardé.
